Sanofi mis en examen dans l’affaire de l’anti-épileptique Dépakine

Le géant pharmaceutique Sanofi a fait savoir, lundi soir, qu’il était mis en examen dans le cadre de l’enquête, ouverte en 2016, sur une éventuelle tromperie sur les risques inhérents à l’utilisation de l’anti-épileptique Dépakine.

Le groupe français Sanofi a annoncé, lundi 3 février, sa mise en examen dans l’affaire de la Dépakine, au cœur d’un scandale sanitaire depuis plusieurs années.

« Cette mesure lui permet de faire valoir tous ses moyens de défense et sera l’occasion de démontrer qu’il a respecté son obligation et fait preuve de transparence », a déclaré le laboratoire dans un communiqué diffusé lundi soir.

Une enquête a été ouverte en septembre 2016 pour déterminer s’il y a eu tromperie sur les risques inhérents à l’utilisation du valproate de sodium, un antiépileptique commercialisé par Sanofi sous la marque Dépakine.

Ce médicament, à l’origine de milliers de malformations congénitales, est interdit depuis juin 2018 en France pendant la grossesse et aux femmes en âge de procréer sauf circonstances exceptionnelles.
Entre 2 150 et 4 100 enfants ayant été exposés in utero au valproate et à ses dérivés sur la période 1967-2016 seraient atteints d’au moins une malformation congénitale majeure, selon une estimation pour la France établie par une étude des autorités sanitaires publiée en 2017.

L’enquête avait été ouverte sous l’impulsion de l’Apesac (Association d’aide aux parents d’enfants souffrant du syndrome de l’anticonvulsivant).

Sa présidente, Marine Martin, s’est félicitée dans un communiqué de cette mise en examen du laboratoire. « Je suis extrêmement satisfaite de voir la procédure pénale que j’avais initiée en 2016 franchir une étape importante. Sanofi va devoir s’expliquer pour les dizaines de milliers de victimes empoisonnées, dont plus d’une centaine sont mortes », a-t-elle déclaré.

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